K-1

Vous le savez probablement mais le K1, sorte de cross-over mettant aux prises les champions de diverses disciplines martiales (essentiellement karaté et kick boxing), connaît un succès l’engouement incroyable autour de ce « spectacle ».


Le mot « spectacle » est utilisé a dessein, car, si à ses débuts le K1 était un rassemblement sportif, le K1 originel de 1993 crée par le maître Ishii Kazuyoshi a peu a peu perdu de son essence pour se muer en un divertissement à haut potentiel commercial. On mise aujourd’hui avant tout sur le charisme descombattants, sur la mise en scène post-combat a grands renforts de spots et d’effets pyrotechniques en tous genres, en bref un show typiquement « WWF ». La comparaison avec le catch s’arrête toutefois là, puisque l’on assiste à des combats réels et, si le sang ne coule pas non plus à flots, les hématomes conséquents aux low kicks bien sentis sont de la partie.

On explique parfois la portée du phénomène manga par le fait que le Japon, en mal de héros contemporains, aurait comblé cette frustration en offrant des justiciers fictifs à une nation en perte de repères et d’idéaux. Cette analyse, bien que discutable, pourrait s’appliquer au K1 : ces personnages au physique démesuré, avec une force quasi-animale, seraient en effet des sortes de surhommes propres a susciter l’imaginaire collectif. Contrairement a ce que l’on pourrait penser de prime abord (et de ce qui a pu être affirmé dans un reportage de Stade 2 voilà quelque temps), le K1 n’est pas une vaste boucherie où tous les coups seraient permis. On est a mille lieux des combats clandestins des films de Vandamme (Bloodsport pour n’en citer qu’un) et également loin de l’Ultimate Fighting. En effet, les coups de coude, de boule, à la gorge et autres joyeusetés du même genre sont prohibées. On notera cependant une certaine évolution dans la mesure où sont tolérées certaines prises de judo ou d’aïkido (pas de combats au sol en revanche, à la différence du Pride). La décision se fait par K.O., T.K.O. ou sur décision des juges, comme en boxe anglaise. L’arbitre, garant de la bonne tenue du combat, reste très vigilant et, par conséquent, les blessures graves restent relativement rares en K1.

Mais ne nous y trompons pas, malgré les règles, le K1 reste tout sauf un épisode des Bisounours ou de Maya L’Abeille. Le risque demeure présent et les combats furieux. Le succès non démenti du K1 au pays du soleil levant confère au pays la primauté de l’organisation des grands événements K1 et, notamment, de la grande finale. Et là, c’est le drame... L’arbitrage exclusivement nippon donne parfois lieu à des décisions surprenantes, quand elles ne sont pas scandaleuses, notamment en faveur des combattans locaux. La polémique ne s’arrête pas là, la mise en avant du spectacle dans le K1 moderne donne lieu à certaines incongruités : Mike Tyson (dont le premier combat se fait toujours attendre), Bob Sapp [1] ou bien encore le sumôtori Akebono présents sur le circuit ! Certes, en matière de cross-over, on ne pourrait rêver mieux mais, dans une logique plus sportive, on s’interroge encore sur l’intérêt de tels combats. Cette critique est pourtant à nuancer : de grands athlètes demeurent présents en K1 et, sans tous les citer, on retiendra Remy Bonjasky et ses fameux coups de genoux sautés, l’ex-karateka et vainqueur de l’édition 2005 Semmy Schilt ou bien, cocorico, notre représentant français, Jérôme le Banner.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore fait, je ne saurais que trop vous recommander de regarder quelques combats et de vous faire votre propre opinion. Vous pouvez voir les événements majeurs de la planète K1 sur la chaîne cablée Eurosport en différé. Surveillez vos programmes TV !

Article publié dans SHINE#2

Benjamin Salagnon, le 1er septembre 2006

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