Soba Ni Iru Ne | Aoyama Thelma
Explosion médiatique autour du clonesque, qui échappe au clownesque, produit Aoyama Thelma. Simple produit, parce que le R&B nippon ne brille pas par son inventivité et la maitrise totale des fondamentaux du genre, se limitant bien trop souvent à singer l’étasunienne culture hip-hop/R&B. Ce phénomène étant d’ailleurs l’un des nombreux points communs de la variété nippone avec la « staraquisation » de la musique française et la sinistrose frappant la production mondiale.
Aoyama Thelma a pour principal défaut d’être en retard, une autre jeune chanteuse (à peine un an de moins) dotée d’un organe efficace squatte les oreilles des jeunes branchés japonais. Elle aussi a un prénom exotique couplé à un nom « bien de chez nous » (en l’occurrence de l’archipel), elle aussi écrit ses paroles, elle aussi a fait des duos avec Dohzi-T… Katō Miliyah est en effet là depuis septembre 2004. Que dire de Crystal Kay qui a pour valeur ajoutée le fait d’être à moitié américaine et noire ou même de la Amuro qui traverse le temps et les modes aussi bien que la madonne sans jamais perdre son fan base ? Thelma n’est pas spécialement jolie, Thelma n’a pas une voix extraordinaire, dans les deux sens du terme, Thelma est chez Universal et son premier single est passé complètement inaperçu pour toutes les raisons énumérées précédemment. C’est bien d’y croire.
Digne d’être l’une des nombreuses « nouvelle petite princesse du R&B » introduite quasi mensuellement par M6, Thelma a pour référence principale Janet Jackson (notez l’originalité), adore le gospel, et a fait une partie de ses études dans des établissements américains. Là encore on s’ennuie ferme à la lecture du CV, on se demande ce qui pourra bien en sortir d’intéressant, puis vient la collaboration qui change tout : Koko Ni Iru Yo [1] fonctionne, se vend sans profiter du rouleau compresseur de la promo nippone, apporte au chanteur SoulJa un peu de notoriété et, dans la foulée, fait se braquer les projecteurs sur Thelma. En « réponse » à ce tube, Universal saute sur l’occasion et en balance une resucée, Soba Ni Iru Ne [2] qui en plus de reprendre sa thématique récupère sans vergogne son refrain et ses arrangements.
Ballade mid-tempo R&B quelconque, Soba Ni Iru Ne est un générique de drama de Fuji TV [3] et un carton énorme, d’ores et déjà un classique à réviser avant d’aller au karaoke mais, comme on pouvait s’en douter, n’apporte rien au schmilblick. La face B, My Dear Friend, gagnerait beaucoup à changer d’interprète, et sonne le déjà-entendu. Du mid-tempo classique couplé a un duo avec Dohzi-T, This Day, qui reste dans la veine du R&B commercial « à l’américaine ». Bien (re)produit, bien chanté et qui rappelle les ritournelles légères de la new jack de fin 80-début 90, et reste une appréciable incartade pour les nostalgiques du genre.
Attendons l’album pour juger sur pièce.
, le 26 mars 2008
