Doremifasolasido | Kang Geon-Hyang
Une jeune fille en fleur, deux rockers, un choix à faire. Résumé ainsi le pitch de Doremifasolasido rappelle les 80’s meringuées de Lucile, Amour et Rock’n’Roll [1], ses riffs synthétiques, ses imbroglios sentimentaux et ses longues tirades pleine de vide. Cette gamme coréenne n’en est pas si loin.
On ne compte plus les récits sentimentaux traitant de l’adolescence, le manque de finesse étant leur point commun principal ; mal interprétés, caricaturaux, faciles, ils ne font pour la plupart que rabâcher les mêmes discours et décliner les mêmes sempiternelles situations. Tout le monde n’est pas Iwai Shunji, Catherine Hardwicke ou Edward Zwick et Marshall Herskovitz, et ce n’est pas Kang Geon-Hyang, scénariste et réalisateur de cette bluette rocambolesque qui nous prouvera le contraire.
Tout commence d’ailleurs comme un médiocre shōjo manga puisque Jeong-won se fait ridiculiser dans un parc d’attraction par Eun-gyoo et sa bande de pote et, comble de l’effroi, cet inconnu moqueur s’avère être son nouveau voisin. Leur relation va donc pouvoir se développer dans un contexte de rejet/attraction ô combien classique. Tout se passe bien jusqu’à l’entrée en scène du bassiste, ex-ami-et-plus-si-affinités de la jeune fille et surtout meilleur ami d’Eun-gyoo. De quoi sortir de son chapeau une autre marotte du genre : le triangle amoureux.
Visant clairement un public de jeunes filles, Doremifasolasido ne s’encombre pas de contraintes scénaristiques : Eun-gyoo encore lycéen est tout de même une semi-star du « rock » indépendant coréen, Jeong-won malgré son impopularité et son caractère à la sassy girl [2] a les deux minets de service qui se battent pour elle, et le troisième larron a un triste passé tout droit sorti d’un mauvais drama. Romantisme échevelé, rebondissements incroyables – difficile d’ailleurs de ne pas en rire – et chansons sirupeuses ponctuent cette romance pudibonde qui sent bon la poussée d’hormones noyée dans le lait fraise.
La réalisation sauverait presque cette interminable bluette, puisque même en se contentant du strict minimum Kang Geon-Hyang nous offre quelques plans un peu recherchés. Alors le même film refait par Hollywood serait lourdement démonstratif, Doremifasolasido ne l’est que pendant sa dernière partie digne d’un soap opera de début d’après midi. C’est à peine si l’on ne voit pas surgir un frère jumeau maléfique, ou une belle mère qui a changé de visage… Malgré tout ses défauts l’intrigue reste assez nébuleuse pour vous tenir dans votre fauteuil jusqu’à sa conclusion. Mais de là à revisionner le film…

, le 23 juillet 2008
