Chi’s Sweet Home | TV Tokyo
Alors que les occidentaux amoureux des félins doivent se contenter du cynisme de Garfield et des jeux de mots répétitifs du Chat belge de Geluk, les nippons explorent le côté kawaii des petits tigres de salon.
Au Japon, un petit animal poilu est, à moins d’être un rongeur, forcément adorable ; si adorable que faire des enfants semble moins rentable et moins amusant que d’habiller un Chihuaha ou de décorer un Labrador de colliers clignotants.
Adaptée d’un manga de Konami Kanata [1], Chi’s Sweet Home est une série animée pour enfant qui renvoie inévitablement chaque spectateur à son vécu. En effet quel heureux possesseur de félidé n’a pas vu sa peluche préférée, pourtant si proche de l’hystérie au moindre bruissement de papier, snober ses jouets hors de prix achetés à l’animalerie ? Qui ne l’a pas surpris revenir à un pseudo-état sauvage l’espace d’une partie de chasse à l’insecte volant non identifié, ou profiter du soleil en s’étirant ? Qui n’a pas subit le fameux pipi-de-chat-sur-canapé ou les missions de recherches de ce con-de-chat qui est sorti et n’est toujours pas revenu ?
Petit chat de gouttière trop occupé à jouer, Chi perd soudainement trace de sa mère et de ses frères et sœurs. Après quelques temps d’errance, il tombe littéralement nez à nez avec le petit Yamada, à la blondeur surprenante pour l’enfant type de la famille nucléaire nippone qu’il incarne ; commence alors l’éducation du chaton en appartement, de ses propriétaire et par là même celle du téléspectateur hypnotisé par les yeux ronds de Chi.
Didactique au possible, les très courts épisodes se suivent et se ressemblent : Chi se perd, Chi est trouvé, Chi est lavé, Chi reconnait son nom pour arriver à la fin de saison à des rebondissements dantesques comme « Chi fait ses griffes ». Que de suspense !!
Mignons au possible les épisodes se consomment rapidement. Suivant cette logique, le graphisme, la réalisation, tout comme la structure narrative linéaire, restent basiques. Rien de très élaboré au menu. Nous n’échapperons malheureusement donc pas aux redondances types « Oulala, nous n’avons pas le droit d’avoir un chat dans notre résidence », tirades un peu pesantes pour un téléspectateur adulte mais à mille lieues de la consternation engendrée par n’importe quel épisode des Teletubbies ou de Dora l’exploratrice [2]
Loin d’être un chef d’œuvre impérissable de l’animation, Chi’s Sweet Home et ses 24 épisodes de 3mn contenteront les amateurs de boules de poil et les débutants en japonais en pleine période régressive. Dommage pour les « tout petits » qu’aucune version française ne soit disponible ce qui leur éviterait, tout comme à leurs parents, de perdre tout leurs neurones devant les Totally Spies ou Pokemon.
, le 14 octobre 2008
