Shinezine

Foot-age de gueule (24.06.2010)

Propagande ordinaire en Corée du Nord

Après les supporters chinois venus par centaines pour faire de la figuration, la disparition inexpliquée de 4 joueurs (remplacés par des Chinois ?), la miraculeuse victoire contre le Brésil, et l’humiliation contre le Portugal (7-0) et le choc mental de leur Zidane local, nos sympathiques amis nord-coréens se sont illustrés par ce qu’ils savent faire le mieux : la propagande.

Voilà donc un extrait du journal télévisé, généreusement sous-titré en anglais par un internaute, qui nous narre les exploits des valeureux sujets de Kim Jong-Il en terre africaine. Non, vous ne rêvez pas !



Pour le flash après la victoire contre le Brésil c’est par ici


Radio France vous emmène en Asie (15.06.2010)

Japon et Chine

Depuis le mois de mai Radio France enchaîne les séries documentaires tournées vers l’Asie.

Tout d’abord, c’est l’émission militante La-Bas Si J’y Suis de Daniel Mermet qui découvre le Japon, laissé de côté depuis 20 ans. Abordant quelques sujets dont sont friands alter-mondialistes et touristes (le sort des SDF du parc Miyashita, le poids social du toyotisme ou le temple de la fertilité et ses phallus), l’émission se tourne également vers des thèmes plus originaux comme l’enlèvement de Charles Jenkins par les nord-coréens, le sort des précaires et de ceux qui préfèrent la prison à la rue ou encore une rencontre avec un ex-yakuza qui s’est tourné vers la religion. Hétéroclite donc, caricatural parfois, mais intéressant après tout.
La deuxième partie des reportages s’est tournée vers la Seconde guerre mondiale et les exactions de la bataille d’Okinawa, ses bases militaires américaines et les mouvements pacifistes qui se mobilisent contre la présence américaine.
Pour finir en beauté, Daniel Mermet se paie une petite immersion dans les sons nippons, évite les poncifs J-pop et participe largement à la campagne de promo de Maïah Barouh.


Tant que vous êtes perdus dans leurs pages, n’hesitez pas à (ré)écouter son reportage de 1992 sur la petite pute de Bangkok, toujours aussi poignant.

De son côté, France Culture et sa Fabrique de l’Histoire consacrent deux semaines à l’Asie avec tout d’abord un panorama en 4h de l’histoire des relations entre occident et Chine depuis 400 ans, évoquant ensuite les travailleurs chinois employés par les armées françaises et britanniques au début du XXe siecle, l’ouverture forcée du pays au XIXe siècle, et la tentative d’évangélisation de Matteo Ricci au XVIIe siècle. Panorama suivi par une série [1] sur le Japon et son rapport à la Seconde guerre mondiale, leur méconnaissance de l’holocauste en Europe et le tabou persistant autour des crimes de guerres japonais.

Notes

[1] en cours à l’heure où ces lignes sont écrites



Reprises : Cat’s Eye (11.06.2010)

1983 -vs- 2010

Les années 80 connues pour leur bon goût légendaire sont pillées régulièrement tant musicalement que visuellement, c’est au tour de MAX, pour son énième come back de nous offrir un reprise « vraiment très distinguée ».

Et quoi de mieux qu’un générique d’anime pour se faire remarquer ? C’est donc à Cat’s Eye d’en faire les frais, il n’y a en effet plus grand chose à se mettre sous la dent à ce niveau depuis que la grande prêtresse de la vulgarité a réquisitionné Cutie Honey il y a quelques années.

Comme l’on pouvait s’y attendre, désespoir commercial engendre une classe sans pareil : les « trois vives panthères » deviennent de vulgaires miauleuses en chaleur qui secouent leur arrière-trains en bas résille et hauts imitation léopard sur de l’eurobeat. On est bien loin des quelques illustrations des 3 sœurs en maillot et des chorégraphies d’aérobic kitschissimes de l’époque...



Et tout d’un coup cette version live de l’original nous semble de bon goût malgré les marches lumineuses et la ceintures de smoking pailletée :



Gosse de Peintre (08.06.2010)

Visite de l’expo Kitano à la Fondation Cartier

Une petite escapade s’imposait pour voir de plus près l’exposition Gosse de Peintre, allègrement placardée un peu partout sur les murs du métro parisien. Une initiative française pour un événement inédit dépassant largement nos frontières. Le fait est que beaucoup de touristes japonais fréquentent la Fondation pour cette occasion, mais ils sont loin d’être les seuls.

Que découvre-t-on sur place ? Pour les fans, une immersion in vivo dans l’univers du bonhomme. Pour les simples curieux, une promenade ludique et familiale où l’enfance n’est jamais loin et la simplicité de mise. Dès l’entrée le visiteur est accueilli par une sculpture représentant un jeune Kitano tenant à la main son propre cerveau. Le rez-de-chaussée est ainsi occupé par des mobiles enfantins, des créatures hybrides comme le side-car caméléon, ou des mises en scène pince-sans-rire, tel cet iconoclaste pendu récalcitrant ou les poissons contenant des sushis prêts à l’emploi. Des petits jeux sont proposés aux passants, et quelques grandes énigmes de l’histoire trouvent là une solution toute personnelle proposée par l’artiste, comme le mystère de la disparition des dinosaures enfin dévoilé. Au sous-sol, les délires télévisuels du Beat tournent en boucle sur les écrans, côtoyant peintures, assemblages dérisoires et humour naïf. Une boutique au premier étage propose affiches, cartes et goodies ; il y en a pour toutes les bourses et c’est tant mieux.

Les mauvaises langues pourront toujours arguer de la notoriété de Kitano justifiant à elle seule une telle débauche d’effort culturel. Mais le charme opère en dépit de la relative minceur de l’entreprise. De toutes façons, vous avez jusqu’au 12 septembre pour juger par vous-même de la chose.



Kitano à Cannes (19.05.2010)

Outrage en compétition officielle

Si Outrage marque le retour de Kitano au yakuza eiga, l’accueil respectueux réservé au cinéaste sur la Croisette n’a pas été suivi d’une réelle unanimité critique.

Pire, le film est presque passé inaperçu faute d’avoir été programmé le même jour que Biutiful, triomphe médiatique pour le réalisateur mexicain Alejandro González Inárritu et ses comédiens. Le Beat moins sexy que Javier Bardem ? Qu’importe. Après un intermède introspectif, l’homme revient enfin vers un cinéma plus lisible. La magie opérera-t-elle encore ? Quelque peu échaudés par ses dernières prestations, nous attendrons sagement la sortie en salles pour juger sur pièce du nouvel opus kitanien.



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